Samedi 7 novembre 2009
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La responsabilité sociétale de l'entreprise : une utopie ou une nécessité ?
Les conséquences écologiques dévastatrices résultant de l'exploitation incontrôlable des ressources naturelles et de la diffusion à l'échelle de la planète des
comportements des grands comptes économiques essentiellement fondés sur des profits toujours en constantes recherche ont provoqué une prise de conscience collective de la nécessité impérative
désormais, pour tous les acteurs économiques, d'intégrer les principes de développement durable.
En raison de leur rôle éminent, et malgré les réticences, les entreprises n'échappent plus à la prise en charge concrète de la responsabilité sociétale que les
salariés, les consommateurs, et les autres acteurs concernés entendent leur imputer.
En l'espace de quelques années à peine, les parties prenantes dans les principes économiques novateurs ont fait émerger le concept en vue de rationaliser le champ
des obligations des entreprises, ont progressivement renforcé leur capacité de pression, empêchant ces dernières de continuer à préférer les attitudes d'évitement de la responsabilité sociétale
(RSE).
Cependant, les contraintes propres à la mondialisation de l'économie de marché, et sans que soit remis en cause le rôle essentiel qui est de produire de la
richesse, les entreprises disposent en fait de moyens pour leur permettre de palier au conflit fréquent entre leurs propres intérêts, notamment celui de leurs actionnaires, et les exigences de la
société civile locale que des citoyens du monde entier. Elle bénéficie à cet effet des mesures de soutien ou de coaction faisant cohabiter des mécanismes de marché et les réglementations
publiques, nationales, internationales, selon des scénarios divers en fonction des préférences civiles mais aussi culturelles et politiques.
Le caractère irréversible des détériorations imposées à la Terre, de même que les données d'urgence que la communauté scientifique instaure avec raison, conduiront
à l'obligation de définir et de poursuivre des objectifs communs à toute l'humanité, par-delà les différences de stades de développement auxquels seront parvenues les pays, dans le cadre d'une
gouvernance mondiale qui reste à inventer. Gouvernance mondiale écologique.
Le repositionnement des biens et intérêts communs hors du cadre de l'appropriation privée et la réhabilitation des services d'intérêt public figureront en bonne
place dans ce programme.
La fin du pouvoir de l'État face à la mondialisation et l'émergence de puissances financières et mondialisés a été en partie compensée par deux phénomènes :
l'émergence du lobbying des O.N.G se fait de plus en plus sentir contrairement à celui des organisations de salariés, ne se heurte pas aux limites de l'entreprise
en tant qu'entité juridique ou géographique et par le nouveau rôle dévolu à l'État et à l'union européenne concernant la mise en relief des notions de bien commun et d'intérêt général.
les initiatives citoyennes, de même que l'éventail des solutions et des préconisations avancées par les entreprises sont toutefois susceptibles de créer des modèles
sociétaux.
Les travaux des chercheurs, experts et décideurs ont leurs vertus et leur choix doivent être entendus. Ils ne seront utilisables que si la sensibilisation et la
formation sont à la hauteur des enjeux et des priorités fondamentales de l'espèce humaine ; ces dernières seront considérées comme un devoir envers les générations d'aujourd'hui et celle de
demain. Il est indispensable de définir le rôle que peut jouer l'entreprise face à un tel défi en demandant une partie prenante essentielle dans cette démarche de liberté et de
responsabilité.
Tous les acteurs sont doivent se réunir activement autour de cette démarche ( CCI, associations, États, Chef d'entreprises,...).
Le monde bouge, nous en somme tous les décideurs et responsables avec nos propres niveaux et selon nos propres moyens personnels
parfois même bien modestes, chacun devant prendre conscience de sa responsabilité individuelle vis-à-vis de l'environnement et du vivant qui constitue notre Terre.
Prendre conscience c'est avant tout pour chacun individuellement mais aussi pour les entreprises, moteur économique du développement
savoir anticiper l'évolution des modes de fonctionnement et de vie future en y intégrant des valeurs, tant dans la conception de nouveaux produits que dans la définition des
comportements
.
L'intégration des trois racines : économique, environnemental, sociétale/social détermine le champ des actions à mener pour assurer,
demain, l'harmonie et du bien-être du genre humain. Ces trois axes n'ont aucune action possible si ils ne sont pas associés.
La responsabilité sociétale de l'entreprise est dès à présent une valeur en forte éthique prioritaire , qui intègre la "décroissance
économique" et le fondement du développement. Sans la cohérence sociale cette dernière n'a plus aucune valeur même si elle va va devoir connaître une transformation elle-même dépendante de
l'entreprise et de l'économie.
La RSE entre en action pour répondre efficacement aux nouveaux défis auxquels les entreprises se trouvent désormais confrontées :
accroissement important de la démographie, mondialisation, changements climatiques à travers le réchauffement planétaire, reconnaissance des critères de diversité comme autant
d'enrichissement.
Dans ce contexte, les acteurs économiques, mais aussi les étudiants constituent dès à présent la relèvent pour les générations
futures, ils ont à la fois besoin d'outils et de moyens pour leur permettre d'aborder sereinement et pleinement informés ces nouvelles autoroutes qui s'ouvrent devant eux.
Bonvallet Stéphane
Professeur Vacataire à lyon 2 en master éthique et dévellopement durable
Consultant en RSE
Chef d'entreprises labellisées RSE